Interview exclusive de Hervé Lebret, auteur du livre “Startup”

J’ai passé mardi dernier près de 2 heures avec Hervé Lebret, c’était passionnant. A cette occasion, je n’ai pas pu m’empêcher de faire une interview vidéo.
Son livre est disponible en Print on Demand sur Amazon : “Startup” de Hervé Lebret. Il y a la version Fr et En. Il a eu la gentillesse de me fournir le pdf ![]()
Il a également créé un blog pour l’occasion, sur lequel il va continuer à écrire sur le sujet des startups et je vous encourage donc à vous abonner à son flux, et pourquoi pas via Wikio.
Pour en savoir plus, il décrit le contenu du livre et propose un teaser.
Voici la vidéo :
La vidéo dure 23 minutes. Pour ceux qui sont très pressés elle est téléchargeable via iTunes. Vous pouvez aussi l’écouter en tâche de fond
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Le livre “Startup” en 30 mots :
Le monde des start-up est mal compris : les spéculations de la bulle Internet ont fait oublier que Apple, Intel, Cisco ou Google ont changé le monde. Et en Europe, quel constat faut-il faire? N’avons-nous pas à apprendre encore de la Silicon Valley?
Quelques mots sur l’auteur :
Hervé Lebret a passé toute sa carrière dans le monde des hautes technologies. Après quelques années comme enseignant et chercheur, il est devenu capital-risqueur chez Index Ventures. Depuis 2005, il gère un fonds de soutien à l’innovation et aux start-up à l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne (Suisse). Il est diplômé de l’École Polytechnique (France) et de l’Université de Stanford (USA).
Ci-dessous quelques morceaux choisis de l’ouvrage. Je précise que ce ne sont que les passages qui m’ont parus important, ce n’est pas un “résumé” et cela n’a pas de valeur universelle.
[P3] En 2005, Steve Jobs, le patron charismatique d’Apple, fit un discours à la cérémonie de
remise des diplômes de Stanford. On y retrouve la foi en la passion [...].Son « Restez Affamés, Restez Fous » dit qu’il faut vivre sa vie passionnément.[P8] Le système du PageRank était inventé. J’avais cru naïvement [...] que le terme venait de la signification « classification des pages ». C’était oublier trop vite cette confiance - faut-il parler d’arrogance ? - qu’ont en eux les Américains ; en fait, il s’agissait du système de classification de Larry Page
[P10] [A la création,] Stanford reçoit un peu plus de 2% des actions de la société en échange du droit exclusif accordé à Google jusqu’en 2011 d’utiliser la technologie brevetée. Les deux fondateurs gardent chacun 42% des actions de la société
Dans une vidéo [...] qui date de mai 2002 quand Google n’a pas encore atteint la célébrité [...]: « Il est important de collaborer avec des personnes avec lesquelles vous êtes compatibles. »
[P11] Le « have fun » revient comme une véritable obsession [...] Larry relève aussi « l’importance d’être un véritable expert dans son domaine ». Ni Larry ni Sergey n’avaient la moindre expérience commerciale, mais en deux à trois ans, ils vont devenir les meilleurs spécialistes des moteurs de recherche. L’expérience paye et donne une confiance en soi
capable de déplacer des montagnes. Son troisième conseil est de ne jamais croire qu’un objectif est impossible à atteindre.
[P14] Page et Brin sont connus pour être des « workaholics », des fous du travail. Qui a
dit « le génie c’est 10% d’inspiration et 90% de transpiration »
[P17] Dernière originalité avant l’entrée en bourse, les deux fondateurs se permettront de donner une interview au magazine PlayBoy, plateforme de communication plutôt inhabituelle dans le monde de la technologie
[P19] Google Books, ce projet de numérisation quasi-universel suscite de fortes critiques. Google Answers est un service qui a été arrêté pour cause d’insuccès.
La paranoïa est aussi un défaut qui commence à envahir la société. Ou s’agit-il de prudence ? Brin et Page ont sans doute lu le célèbre livre d’Andy Grove, ancien PDG d’Intel, « Seuls les paranoïaques survivent ».
[P20] Lorsque Google se voit proposer des brevets [...], la société fait preuve d’une grande prudence. Ses avocats analysent avec précision le contenu, mais il est demandé aux employés de Google de ne pas lire ces documents pour éviter tout risque de contamination de leurs propres travaux
Les fondateurs se souviennent des réticences face au moteur de recherche Google lorsqu’il n’était qu’un prototype universitaire. [...] Peut-être pensent-ils plus que seul l’inventeur est à
même de faire la preuve de la validité et de la qualité de ses idées.
[P46] Une start-up, c’est un bébé créé par ses parents, les fondateurs. Ils ont la responsabilité de lui permettre de grandir, de s’adapter à un monde en évolution permanente [...] un fondateur expérimenté ne doit pas nécessairement céder le contrôle de sa société à des experts. Un parent devrait-il confier son premier bébé à d’autres sous prétexte qu’il n’en a jamais eu auparavant ?
[P84] E. Antébi le décrit ainsi : « Ses succès [de Dom Valentine], il les doit, dit-il, aux managers. Il regrette que la célébrité de Steve Jobs ou de Nolan Bushnell (Atari) ait éclipsé les performances de présidents tels que Mike Scott (Apple) ou Joe Keenan (Atari). Je suis bien plus fasciné par ceux qui savent porter à terme une idée neuve que par ceux qui l’ont. Les rêveurs ne rapportent pas d’argent. »
[P85] De son point de vue [Arthur Rock] toutes les startup depuis quarante ans ont pour origine les technologies de semi-conducteurs [...]. « La dernière grande invention est le semi-conducteur, et il y eut avant l’électricité, et encore avant la machine à vapeur. »
[Quelle sera la prochaine ?]
[P86] Certaines analyses précédentes considéraient que la chance était le critère principal de succès. [Une étude publiée par le « National Bureau of Economic Research » en octobre 2006] a montré que l’expérience est essentielle, mais le facteur chance existe à un niveau élevé. Que l’on parle de risque, d’incertitude, de chance, on voit bien que tout ne peut être prédit ou planifié.
[P109] Paul Graham, dont la lecture du site Internet est à conseiller à tout entrepreneur [...] dit : « il n’est besoin que de deux types de personnes pour créer une région high-tech. Des gens riches et des nerds. » Et il ajoute : « Peu de start-up se créent à Miami par exemple, car, même si vous y trouvez beaucoup de riches, il y a peu de nerds. [...] Alors qu’à Pittsburgh [...], vous avez le problème inverse : beaucoup de nerds, peu de riches. »
[P111] Selon eux, il faut tout d’abord des universités et centres de recherche haut de gamme. Il faut ensuite une industrie du capital-risque [...]. Le troisième élément est une offre de services sophistiquée incluant avocats, chasseurs de tête, spécialistes de relations publiques et de marketing, auditeurs, etc. Des professionnels des domaines de la haute technologie. [...] Mais le cinquième et dernier ingrédient [est] immatériel et pourtant critique [...] : Un esprit de pionnier qui encourage la culture entrepreneuriale.
[P116] La Silicon Valley est un système [...] darwinien où les acteurs qui s’adaptent le mieux à leur environnement s’en sortent et souvent réussissent avec éclat.
[P160] Comparaison du modèle américain / modèle européen
[P169] Les études et analyses sur l’innovation et sur les défis de l’Europe sont [...] souvent frustrantes, voire agaçantes tant elles ne semblent pas prendre en compte les problèmes les plus fondamentaux. L’Europe a-t-elle échoué ? Qu’elle continue ! « Il n’y a rien de mal à être dans l’erreur » dit Joe Costello. « Ce qui ne va pas, c’est de s’y enferrer, c’est d’y rester une minute supplémentaire quand on le sait. Il faut constamment réévaluer et abandonner les fausses pistes. »
[P170] L’AII fut créée en août 2005. Soixante-six pôles de compétitivité ont été labélisés depuis mars 2006. Le budget de ces pôles est de un milliard et demi d’euros sur trois ans. Malgré toute la crédibilité de Jean-Louis Beffa [...], ce grand projet a de quoi inquiéter. L’innovation peut-elle être planifiée, décrétée, centralisée ?
[P171] Ainsi la France [...] reste pourtant un des pays qui a le mieux réussi du point de vue des start-up. Il est douteux que l’infrastructure [...] soit très corrélée avec les résultats.
[P172] Il est un livre magnifique [...] : « La structure des révolutions scientifiques » de Thomas Kuhn a montré dès 1962 que les progrès de la recherche [...] se font par paliers, par « paradigme », par révolution. Entre ces révolutions, la science normale préside. La science normale y est décrite comme une accumulation de connaissances qu’on pourrait caricaturalement qualifier de bureaucratique.
[P173] Certes, il y eut les excès de la bulle Internet qui ont terni, dénaturé l’image des start-up. Cette autre image des start-up défendue ici et basée sur l’ambition et la passion [...] n’a pas vraiment pénétré les esprits en Europe. Pierre Chappaz, fondateur de Kelkoo, aura beau mettre [...] sur son blog la phrase d’Hergé « seuls ceux qui croient en leurs rêves peuvent les réaliser », l’Internet a cependant donné l’impression de fortunes vite bâties, sans effort, d’une spéculation vide de sens.
[P174] Mais André Kudelski émet des réserves. « [...] Steve Jobs a été poussé vers la sortie à l’époque car il ne contrôlait pas le capital. Son retour tient du miracle. » [...]. Pourtant Borel a raison. Jobs n’avait pas le choix ; faut-il regretter son éviction à un moment donné [...] ? Jobs lui-même a répondu : « Je ne l’avais pas ressenti au début, mais être viré de chez Apple était la meilleure chose qui pouvait m’être jamais arrivée. » [...] lire son discours aux diplômés de Stanford en 2005, d’où cette phrase est extraite.
[P175] Le problème est essentiellement d’ordre culturel. [...] Chez un Américain, on est souvent frappé par la confiance en soi, la conviction que tout est possible (le fameux « the sky is the limit »). L’apprentissage se fait par essais successifs alors qu’un Européen ne s’exprimera que s’il croit avoir raison [...] Le fait de ne pas commettre d’erreur semble être une qualité essentielle. La stabilité (pas seulement professionnelle) est appréciée. [...] L’autorité est plus difficilement remise en question en Europe. Dès l’école, dès l’enfance. Le statut donne l’autorité et trop rarement la compétence. La culture américaine est basée sur la reconnaissance des réalisations et non pas de la position uniquement.
[P176] Il y a vingt ans, le directeur des études de l’Ecole Polytechnique en France dit [...] : « Trouvez-vous une vocation. Ne pensez pas à une carrière. » Trois ans plus tard, la grande majorité programmait sa carrière.
[P177] Bernard Charlès, directeur général de Dassault Systèmes déclarait récemment : « [...] L’innovation ne se décrète pas, elle se révèle en animant. » [...] « entreprendre c’est pouvoir, c’est aussi vouloir… Faire progresser l’entrepreneuriat, c’est, avant tout, faire évoluer les mentalités qui ne peuvent changer sur seule injonction d’un décret. »
[P182] J’ai rencontré tout récemment un Américain, cadre dans une start-up européenne : « Vous vous moquez de notre mentalité de cowboy dans le Far West. Nous sommes fiers de cette culture, mais vous ne la comprenez pas. »
[P183] Pierre Lamond, partenaire chez Sequoia, pense à propos de l’Europe que le talent, les idées ne manquent pas. Ce qui fait défaut, ce sont les capacités de marketing des idées.
[P184] Ce sont les jeunes qui font des start-up. Graham parle d’environnement libéral au sens américain du terme. Il affirme que les régions libérales tolèrent l’étrangeté des personnalités brillantes.
[P185] les Européens ont mis en place une magnifique offre de services [...] dans tous les domaines. Une offre peut-être surdimensionnée et sous-employée : l’Europe n’aurait-elle pas plus de professionnels de l’innovation que d’entrepreneurs ?
De même qu’un physicien qui n’aurait pas « vu » des particules élémentaires ne ferait plus un bon physicien, il est bien possible qu’un entrepreneur dans la technologie qui n’aurait pas « vu » la Silicon Valley risque d’avoir bien du mal à en répliquer le modèle.
[P186] Je n’ai pas compté combien de fois j’ai employé le mot passion depuis la première page de ce livre. Il en est le seul mot à retenir. J’ai mis quelques années à comprendre qu’elle était mon moteur intime. J’ai découvert qu’elle est un moteur très répandu.
Wilhelm Reich, le grand psychanalyste, rédigea en 1945 : « Écoute, Petit Homme » est un magnifique essai, petit par la taille, grand par l’inspiration. « [...] Tu es petit et tu veux rester petit. » Le petit homme, c’est vous, c’est moi, c’est nous. Le petit homme a peur, il ne rêve que de normalité, il est en nous tous. [...] Rien ne s’obtient sans effort, sans risque, sans échec parfois. « Tu cherches le bonheur, mais tu préfères la sécurité, même au prix de ta colonne vertébrale, même au prix de ta vie. »
[P190] … et une synthèse finale !
Passion et ambition. Un esprit de pionnier qui accepte l’incertitude et la prise de risque, qui tolère l’échec. L’innovation par essais et erreurs. Une décentralisation, une liberté offerte aux talents qui ne doivent pas être happés loin des start-up. Nécessité d’une masse critique. Sentiment d’urgence de l’entrepreneur et patience de la part de l’environnement. Sentiments d’urgence et de compétition qui impliquent ambition de croissances rapides et moyens adéquats. Motivation, travail, connections et réseaux personnels, mentors. Des fondateurs, en binôme, jeunes, immigrants, en quête et des équipes expérimentées et motivées par des structures capitalistiques adaptées. Si le modèle est digéré, si l’isolement est diminué, si ces quelques mots-clés sont acceptés, il peut y avoir succès.


Bienvenue ! Vous trouverez ici mon approche personnelle sur le marketing et l'innovation sur internet.














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